Illustration d'une feuille, d'un compas, un raporteur et d'un crayon

Troubles DYS et mathématiques : le guide complet pour accompagner votre enfant


Aidez vos enfants en mathématiques grâce à une meilleure compréhension des troubles dys.

Votre enfant travaille dur, passe des heures sur ses devoirs de maths et pourtant, les résultats ne suivent pas. Les tables de multiplication ne rentrent pas, les fractions restent floues, et chaque interro est source de stress. Si cette situation vous parle, sachez que vous n’êtes pas seul et surtout, qu’il existe très souvent une explication concrète à ces difficultés.

Les troubles DYS touchent entre 8 et 15 % des élèves, et ils peuvent rendre l’apprentissage des mathématiques particulièrement difficile. Non pas parce que ces enfants manquent d’intelligence ou qu’ils ne font pas d’efforts, mais parce que leur cerveau fonctionne différemment.

En comprenant mieux ces troubles, vous allez pouvoir les aider autrement et plus efficacement.



Le terme « DYS » regroupe plusieurs troubles spécifiques des apprentissages. Ce ne sont pas des maladies, ni des déficits intellectuels : ce sont des particularités neurologiques qui affectent certaines fonctions cognitives précises. Les plus fréquemment rencontrés en mathématiques sont :

  • La dyslexie : trouble de la lecture et du décodage des mots, qui complique aussi la lecture des énoncés de problèmes.
  • La dysorthographie : souvent associée à la dyslexie, elle touche la mémorisation des règles d’écriture et par extension, la mémorisation des formules.
  • La dyscalculie : trouble spécifique du raisonnement mathématique, qui affecte la compréhension des nombres, des quantités et des opérations.
  • La dyspraxie : trouble de la coordination motrice, qui complique l’écriture, le tracé de figures géométriques et l’organisation sur la feuille.
  • La dysgraphie : trouble spécifique de l’écriture manuscrite, distincte de la dyspraxie. L’élève dysgraphique produit une écriture illisible, irrégulière et très lente, même en faisant des efforts. En maths, cela complique la pose des opérations, la lisibilité des résultats et la relecture de sa propre copie.


Un même élève peut avoir plusieurs de ces troubles en même temps, ce que l’on appelle la comorbidité. C’est d’ailleurs très fréquent : dans ma pratique, je rencontre rarement des élèves avec un seul trouble isolé.



C’est souvent là où les parents (et parfois les enseignants) sont surpris : un trouble qui touche la lecture peut aussi bloquer un élève en mathématiques. Voici comment, concrètement.


La mémoire de travail, l’ennemie numéro 1


La mémoire de travail, c’est ce qui permet de « tenir » plusieurs informations en tête en même temps, le temps d’un calcul, d’un raisonnement. En maths, elle est sollicitée à chaque instant : il faut se souvenir de l’étape précédente pour passer à la suivante, mémoriser une formule le temps de l’appliquer, ou encore se rappeler l’énoncé du problème pendant qu’on calcule.

Exemple concret : Lucas, 14 ans, est en train de travailler sur un exercice où il doit réduire des expressions littérales.

Par exemple, il doit faire

6x×6x. 6x \times 6x.

Il le fait de tête et se dit

36x2. 36x^2.

Mais il écrit 36².

Par conséquent, il a faux à son exercice et a donc de souvent mauvaises notes en maths.

Il ne le fait pas exprès ; c’est sa mémoire de travail qui est saturée.


Autre exemple : Manon est une élève de 4ème qui commettait beaucoup d’erreurs de calculs lorsqu’elle rédigeait un exercice sur le théorème de Pythagore. Elle mettait des carrés partout. Le fait d’entourer les symboles mathématiques qu’elle utilisait pour les calculs lui faisait faire moins d’erreurs de réécriture et donc obtenait de meilleures notes et une confiance retrouvée !


La lecture des énoncés, un obstacle invisible

Un élève dyslexique peut être tout à fait capable de résoudre un problème de maths s’il comprend l’énoncé. Mais décoder un texte dense, repérer les informations utiles, comprendre ce qu’on lui demande. Tout cela mobilise une énergie cognitive considérable.

Résultat : il arrive épuisé à la partie mathématique.

Exemple : Il faut apprendre aux élèves à lire un mot par un mot et souligner les mots mathématiques et les verbes de consignes.


La copie et la mise en page, un calvaire pour les élèves dyspraxiques

En géométrie, en algèbre, ou même lors d’une simple résolution d’équation, la mise en page compte. L’élève dyspraxique a du mal à aligner les colonnes, à poser correctement une soustraction, à tracer une figure propre. Ce qui ressemble à de la négligence ou du désordre est en réalité une vraie difficulté motrice.

Accompagner un enfant DYS en maths, ce n’est pas refaire les cours à sa place ni lui faire répéter inlassablement les mêmes exercices. C’est adapter la façon dont il accède aux maths. Voici quelques pistes concrètes qui font vraiment la différence.

1. Réduire la charge cognitive, pas les exigences

L’objectif n’est pas de « faire moins », mais de permettre à votre enfant de concentrer son énergie sur le raisonnement mathématique plutôt que sur des tâches annexes.

En pratique : utilisez des fiches récapitulatives avec les formules et les définitions clés, afin qu’il n’ait pas à les mémoriser pendant l’exercice. C’est exactement le principe des gabarits Evoludia, conçus pour que l’élève ait toujours sous les yeux ce dont il a besoin.

2. Miser sur la visualisation

Les élèves DYS sont très souvent très visuels. Là où le texte les bloque, un schéma, une représentation colorée ou un tableau les éclaire. Encouragez l’utilisation de couleurs différentes pour distinguer les étapes d’une résolution, des flèches pour montrer les transformations dans une équation, ou de dessins pour illustrer un problème de géométrie.


En pratique : Utiliser des surligneurs pour surligner les nombres à utiliser. Il existe des surligneurs frictions. C’est magique. Je les utilise souvent avec mes élèves en cours particuliers. Faites leur faire des schémas à chaque fois.

3. Valoriser le raisonnement, pas que le résultat

Un enfant DYS peut avoir un raisonnement tout à fait juste et se tromper dans le calcul final à cause d’une inversion de chiffres ou d’une erreur de recopie. Apprenez lui à valoriser sa démarche autant que son résultat.

En pratique : « Tu as bien compris la méthode, il y a juste une petite erreur ici ». Ce type de retour est bien plus motivant qu’un chiffre rouge en bas de la copie.
Après une évaluation ratée et reprenez les erreurs avec lui pour lui montrer que parfois, c’est juste des erreurs d’étourderies et voyez ensemble comment il aurait pu mettre de la couleur ou faire un schéma pour l’aider à visualiser.

4. Fractionner les séances de travail

Deux fois 20 minutes valent largement mieux qu’une heure de travail forcé pour un élève dont la concentration est mise à rude épreuve. Faites des pauses actives. Quelques minutes de mouvement, un moment de détente avant de reprendre. Le cerveau consolide mieux les apprentissages en plusieurs petites sessions espacées.

Exemple : Avec mon fils dyslexique/dysorthographique, nous faisions ces devoirs en primaire par tranche de 15 min : 15 min de travail puis 15 minutes où il allait jouer. Il est au collège maintenant et nous pratiquons toujours cette méthode pendant les vacances.
Par exemple, pour ses DM de maths, nous faisons un exercice par jour. Je le laisse gérer le planning.

Si le trouble de votre enfant est diagnostiqué, il peut bénéficier d’aménagements officiels à l’école. Deux dispositifs principaux existent :

  • Le PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé) : mis en place par le directeur de l’école ou le chef d’établissement sur avis du médecin scolaire ( ou parfois le professeur principal), il prévoit des adaptations pédagogiques comme le tiers-temps, l’utilisation d’une calculatrice, ou des supports adaptés.
  • Le PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation) : pour les situations de handicap reconnues par la MDPH, il peut prévoir un accompagnement humain (AESH) et des aménagements plus importants.

N’hésitez pas à en parler avec l’enseignant de votre enfant et à demander un rendez-vous avec le médecin scolaire si vous pensez que ces dispositifs seraient utiles. Ces aménagements ne sont pas une « facilité ». Ils rétablissent une équité d’accès aux apprentissages.

Tous les parents ne peuvent pas, ni ne doivent, tout gérer seuls. Faire appel à un soutien extérieur est une décision intelligente, pas un aveu d’échec. Mais attention : le type de soutien compte autant que la quantité.

Un prof particulier qui ne connaît pas les troubles DYS risque de reproduire les mêmes approches que l’école, sans que cela change quoi que ce soit. Ce qui fait la différence, c’est un accompagnement qui part du fonctionnement réel de votre enfant : comment il comprend, ce qui le bloque, ce qui l’aide à visualiser.

C’est précisément cette approche que je propose avec les cours particuliers de Gwendoline : une pédagogie adaptée aux élèves DYS et neuro-atypiques, construite au fil de nombreuses années d’expérience en classe et en individuel. L’objectif n’est pas de faire faire plus d’exercices mais de trouver la bonne clé pour que les maths deviennent enfin accessibles.

Avoir des troubles DYS n’empêche pas de comprendre les mathématiques. Cela nécessite simplement un autre chemin comme des supports adaptés et une pédagogie qui s’appuie sur les points forts plutôt que de s’acharner sur les points faibles, et un environnement qui rassure plutôt que de mettre en échec.

Si vous vous reconnaissez dans ce guide, explorez les ressources proposées sur Evoludia : des gabarits mathématiques pensés pour les élèves DYS, des ressources gratuites par niveau, et la possibilité d’un accompagnement personnalisé.

Et n’oubliez pas : votre enfant qui « n’y arrive pas » est peut-être juste un enfant à qui on n’a pas encore montré la bonne porte.

Ces articles pourraient vous interesser